Transition écologique : les écoles d’ingénieurs ouvrent la voie

Dernière mise à jour : 1 oct. 2021

Dans son “grand baromètre” de la transition écologique dans le supérieur, l’association “Pour un réveil écologique” salue le travail fait par les écoles d’ingénieurs, plus impliquées sur cette question que leurs homologues de management ou que les universités. Mais construire un ingénieur du futur actif sur la transition écologique demande d’abord beaucoup d’adaptabilité de la part des écoles.


Dans son “grand baromètre” de la transition écologique dans le supérieur, l’association “Pour un réveil écologique” salue le travail fait par les écoles d’ingénieurs, plus impliquées sur cette question que leurs homologues de management ou que les universités. Mais construire un ingénieur du futur actif sur la transition écologique demande d’abord beaucoup d’adaptabilité de la part des écoles.

Dans les grandes écoles, la transition écologique devient un critère d’orientation de plus en plus important. Si bien que les étudiants deviennent particulièrement attentifs aux programmes des formations. Et dans le spectre de l’enseignement supérieur, les écoles d’ingénieurs ont déjà une longueur d’avance. La transition écologique, d’abord un enjeu scientifique En février dernier, l’association "Pour un réveil écologique" a publié un "grand baromètre" de la transition écologique dans le supérieur, une enquête sur les engagements en matière d’écologie des universités, des écoles de commerce et des écoles d’ingénieurs françaises. "Depuis deux ans, on constate d’énormes améliorations des écoles, qui commencent à prendre en compte ce que ça signifie pour les étudiants", analyse Caroline Mouille, étudiante en agronomie et coordinatrice du rapport. Mais cette prise en compte est inégale : "Les écoles d’ingénieurs comprennent vraiment, les écoles de commerces commencent, et c’est plus compliqué dans les universités." Selon Emeric Fortin, responsable des formations au développement durable à l’école des Ponts ParisTech, les bons points des écoles d’ingénieurs s’expliquent avant tout car "un certain nombre de problématiques environnementales concernent le scientifique". Au-delà des "compétences techniques" que demandent ces métiers, il donne l’exemple de la compréhension de la nature et du climat, qui "relève des sciences dures". Les étudiants des grandes écoles attendent des actes des entreprises face à l'urgence climatique Quel(s) rôle(s) pour l’ingénieur du 21e siècle ? Au sein de son établissement, la structuration des cursus autour de la transition écologique a démarré en 2012, avec l’objectif de "préparer les acteurs de la transformation". Le professeur insiste sur le mot "acteur", car il souhaite qu’une fois diplômés, ses étudiants soient capables de "déployer des stratégies". C’est également dans ce sens que le Shift Project accompagne en ce moment le groupe Insa dans la création de projets pilotes visant à mieux intégrer les enjeux écologiques dans les formations. "Nous voulons poser un cadre sur le rôle de l’ingénieur du 21e siècle", explique Damien Amichaud, chef de projet au sein du think tank. Cela demande un "travail d’intégration des compétences et connaissances des ingénieurs de demain". Selon lui, le rôle de ces futurs diplômés dépassera les aspects techniques et scientifiques, et demandera par exemple des connaissances "des enjeux socio-écologiques, des contraintes sociétales, ou des systèmes industriels et économiques". Une approche "transdisciplinaire" qui explique aussi en partie la facilité des écoles d’ingénieurs à intégrer ces enjeux dans leurs programmes. "La présence des sciences sociales en écoles d’ingénieurs ne date pas d’hier", rappelle Emeric Fortin. Mais la prise en compte de ces questions n’est pas à mettre uniquement au crédit des écoles. "Sans la mobilisation étudiante, il n’y aurait pas eu ce genre de projets", considère Damien Amichaud, qui salue les "manifestations, sondages et manifestes en ligne, qui font bouger les choses du côté des formations". Cela se ressent également en cours. "Aujourd’hui, je ne fais plus de sensibilisation en première année, raconte Emeric Fortin. Une majorité d’élèves a une grande connaissance des enjeux et pousse pour la transition."

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